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l’impact de la colonisation sur l’économie africaine

Négatif. Et nous sommes tous d’accord sur ce point là. Et là où il faut que nous nous accordions réellement, c’est que l’Afrique ne doit pas chercher à se développer sur les bases du système mondial actuel. Elle doit au contraire se retrouver. Et fonder un renouveau sur ses propres valeurs africaines.

Je vous explique cela en 3 points.

 

POINT 1 - L’impact de la colonisation sur l’économie africaine (je réponds à votre question)

Trop de discours aujourd’hui tendent à minimiser, voire nier les impacts de la colonisation et la Traite Transatlantique. Faisons le bilan : Accaparement des ressources naturelles, pillages, ponction d’hommes, expérimentations scientifiques, bouleversement des sociétés, désorganisation des institutions, viol culturel et spirituel, génocides (les Hereros) et introduction de nouvelles maladies (tuberculose, pneumonie, variole et syphilis).

La colonisation a bouleversé et européanisé les économies africaines , mais pas seulement. Egalement : les langues, les systèmes d’éducation, les administrations et les institutions. Il y a donc un mal-fonctionnement puisque nous avons des systèmes tout fait venant de l’extérieur du continent.

L’objectif ici n’est pas de se victimiser sans prendre ses responsabilités. Il s’agit simplement de remettre les choses dans leur contexte.

 

POINT 2 - Le système économique actuel maintien l’idée d’une Afrique “en retard”

Produit Intérieur Brut (PIB), Indice De Développement Humain (IDH) et tous les autres. Ce sont ces outils 100% occidentaux qui prétendent juger de l’évolution de chacun des pays du monde entier. Ces indicateurs 100% occidentaux (mais aux apparences objectives et neutres) se sont imposés comme échelles de valeurs universelles. Il n’y a pas de logique à cela. Il a été demandé à l’Afrique d’épouser les instituions et les modes de penser politiques, économiques et sociales d’une Histoire, d’une évolution qui s’est construite ailleurs que sur le continent africain.

Prenons l’exemple de l’expression « pays développés ». Cette expression prend toute sa forme dans les années 60, au moment des indépendances africaines. Nous avons d’un côté des anciennes puissances coloniales. De l’autre côté des anciens pays colonisées. Les anciennes puissances coloniales décident qu’il faudrait des outils pour suivre l’évolution de chaque pays. Une manière de pouvoir savoir en permanence « qui est le plus fort ». Elles façonnent un monde où quel que soit le niveau ou le statut d’un pays, il sera forcément évalué au travers de l’échelle de valeur européenne. En d’autres termes, c’est comme si, après avoir mis le feu à votre gazon, votre voisin vous force a joué au concours de « qui a le plus beau jardin ? ». Mais attention 2 règles dans ce concours. La première c’est qu’on part du principe que l’exemple, la référence, le modèle parfait, c’est le jardin de votre voisin. Et le but du jeu, c’est de se rapprocher au plus près de ce modèle de perfection. Oui, je suis d’accord avec vous. Rien de bien logique dans tout cela.

A cela, s’ajoute d’autres obstacles actuels de l’Afrique : les lobbies, les ONG, la mauvaise gestion des gouvernements post indépendance, la recolonisation économique par les anciennes puissances coloniales (en particulier : Côté d’ivoire, Sénégal, Gabon) avec l’implantation des grands groupes comme Bolloré, Total, Eiffage ou Areva et enfin l’arnaque qu’est la Chinafrique où quelques infrastructures sont construites contre le pillage des ressources naturelles et la colonisation des terres.

POINT 3 - Quelles sont donc les solutions pour un renouveau économique africain ?

Une Afrique économiquement forte n’est pas une Afrique qui rejoint les dites « grandes puissances mondiales » sur le podium de la richesse. Non. Bâtir une Afrique forte et puissante, c’est construire une Afrique pensée par des réalités et les concepts africains. L’Africain doit donner sa définition de ce qu’est le progrès, le développement et de la modernité.

Une économie africaine pour une culture africaine. Il faut une articulation entre économie africaine et la culture africaine. Les habitudes de consommation, d’investissements et d’épargne africaines sont différentes des européennes. Pourtant, c’est pour l’instant le même modèle économique (européen) qui est appliqué dans les 2 régions du monde. Dans plusieurs cultures, on observe des habitudes propres au continent.

L’économie relationnelle, une économie africaine. En Afrique, les objets et services circulent dans une économie qui met la priorité sur les relations entre les individus et les communautés. La pratique répandue des tontines en est la meilleure illustration (tontine : plusieurs personnes se mettent en groupe et cotise dans une caisse commune. Le montant de cette caisse est remis à tour de rôle à chacune d'elles). Cela montre aussi que l’économie matérielle et l’économie relationnelle peuvent travailler ensembles. La valeur ajoutée de l’économie relationnelle, c’est qu’elle construit des relations de qualités.

Les solutions :

· Arrêter les économies extractives et d’enclaves car elles posent des problèmes environnementaux et favorise la corruption.

· Penser la gestion des ressources naturelles sur le long-terme. Aujourd’hui, il n’y a que des stratégies court-termistes faites pour répondre à des urgences du continent. Cela profite en réalités aux multinationales.

· Création d’institutions de gestion des ressources naturelles indépendantes aux cycles électoraux.

· Il faut un contrôle des citoyens sur les contrats miniers signés par les gouvernements africains et de l’usage des gains qui en sortent

Une conscience transgénérationelle des hommes politiques africains.

· Protection des terres arables africaines (Terres arables : terres qui peuvent être cultivées). La question alimentaire mondiale arrive à grands pas. Tous les yeux se tournent vers l’Afrique et ses 60% de terres arables. Si l’Afrique devient peu à peu le nouvel objet de convoitise de l’Occident (autrement dit, des multinationales occidentales avec l’aide des gouvernements occidentaux) sur le continent les hommes politiques de protéger cela.

· Nouvelles stratégie d’investissements dans des politiques publiques fortes et dans les infrastructures. L’objectif : élever le niveau de vie des africains.

Certains pays ont réalisé ces investissements et les résultats en termes de croissance économique sont très positifs (Ghana, Rwanda, ile Maurice, Kenya, Cap-Vert, Ethiopie, Botswana, Ouganda). Il s’agit à présent d’exporter ces modèles d’investissements à travers le reste du continent.